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La prématurité, comment l’aborder

Hello! Aujourd’hui je voulais vous partager un article sur la prématurité. Pour vous remettre dans le contexte, j’ai accouché à 25SA. Je parle donc essentiellement d’un parcours de très grand prématuré.

On sait tous qu’il y a plusieurs « stades », et que cela implique plus ou moins de complications à court ou long terme. On entend souvent au cours de la grossesse que s’il y a eu des naissances multiples dans une famille, alors on a de forte chances d’en faire partie. Je me suis demandée s’il en est de même pour les accouchements prématurés. Pour ma part je suis la seule née à terme dans ma fratrie.

L’accouchement de façon prématuré est souvent annoncé au cours des premiers mois de grossesse. Les médecins savent ce genre de choses ( en principe). De cette façon on s’y prépare plus sereinement. En revanche la naissance prématurée c’est le coup de massue! On se rend aux urgences pour des douleurs, on ressort quelques (longs) jours plus tard avec notre enfant. Littéralement c’est l’ ascenseur émotionnel. Niveau gestion du stress c’est la cata ou le self-control ( ce qui a été mon cas 🙂 ). Et puis vient la panique, lorsqu’on prend conscience du terme de la grossesse.

Le parcours de l’enfant va dépendre de son terme à la naissance mais aussi de son poids, qui joue un rôle très important. Plus l’enfant est né tôt mais avec un poids plus que correct mieux il s’en sortira par la suite. Et par logique positive, plus il né proche du terme plus vite il rentrera à la maison!

Il faut s’y préparer, un enfant né d’une extrême prématurité passera la reste de la grossesse hospitalisé. 

Tout au long de l’hospitalisation on est remis en question: pourquoi notre (nos) enfants, pourquoi maintenant, comment s’en sortir, est-ce qu’on a fait quelque chose de mal? En vérité se sont des questions rationnelles auxquelles je reviendrai dans un article plus personnel. Mais elles ont leur place içi dans la mesure ou se sont les premières que l’on est amené à se poser des lors qu’on nous annonce que l’accouchement est prévu immédiatement. Puis viennent se mêler une pluie d’informations médicale dont je vous passe les détails. Mais comprenez que vous deviendrez bientôt pro dans le jargon pédiatrique!

Si votre parcours inclus le secteur réanimation sachez que c’est plus impressionnant que douloureux. Ce parcours concerne les très grands et grands préma, autrement dit tout enfants nés entre 24 et 32 semaines aménorrhées. Les fils, la couveuse, mais surtout la distance. Car dans certains cas les parents ne peuvent avoir de contacts les premiers jours, (parce que l’enfant ne sait pas tout à fait réguler sa température) ou même parce qu’ils ne peuvent pas être présent. Je vous conseille de profiter de ces instants pour parler, chanter, lire, enfin continuer ce que vous faisiez pendant votre grossesse. A travers la couveuse c’est un peu comme si notre tout(e) petit(e) était dans notre ventre. Vous pouvez donner un doudou, vêtement, tout rappelant votre odeur et ça c’est plutôt sympa!

Puis les jours passent, les aller-retours, les machines dont le bruit devient presque une musique ordinaire. Chaque étape gagnée est une force en plus pour vous et votre enfant. Alors même si parfois on fait des retours en arrière, notamment sur la nourriture, ou l’oxygène dites vous que c’est pour mieux repartir!

L’heure du départ a sonné.

Cet instant où l’infirmière, aide-soignante ou autre vient vous annoncer que vous pouvez rentrer chez vous. « Quoi? Rentrer? Non merci je vais rester encore un peu, longtemps! » (je l’avoue j’ai été chouchouté par une aide-soignante qui a vu ma panique et m’a laissée rester plus longtemps).
Dans mes souvenirs c’est un peu un tremblement de terre intérieur. Déjà que nos organes n’ont pas repris leur place, ça va pas les aider! Bref c’est la panique.

Je vous conseille de fixer une date avec l’équipe médicale, si cela est possible. Ca peut aider à se projeter. Expliquer à votre petit que vous serez moins présent et les raisons. Mine de rien verbaliser oralement vous aidera à vous rendre compte petit à petit . Ce qui a fonctionné pour moi a été de m’éloigner progressivement. Chaque jour je me fixais une durée une distance surtout, car c’était le plus difficile pour moi. Si vous n’habitez pas proche de l’hôpital il y a en principe à disposition des maisons familiales, des hôtels, et si vous avez de la famille c’est encore mieux pour les jours de transferts.
Une fois juste en allant chercher à manger je me suis retrouvée en crise de panique parce que je n’avais pas mon téléphone en cas de soucis… J’étais à 5min en voiture. 

Le jour de votre sortie vous quittez en principe votre chambre en premier, certains hôpitaux ont des conciergeries pour garder vos valises, sinon vous pouvez vous arranger dans le service réa. Quoiqu’il en soit partez aussi sereinement que possible, premièrement vous serez moins anxieux et donc moins de stress transmis par votre voix aussi.

 

Une question de temps

Dans mon cas c’était ma première grossesse, j’avais interdiction de reprendre un travail dès la fin de mon premier trimestre et après donc en terme de gestion de la présence je n’étais pas inquiète. Durant l’hospitalisation de ma puce, j’ai rencontré des parents seuls sans aides, une mère seule, et aussi des parents qui ne pouvaient pas s’arrêter de travailler. Je précise que le service réanimation n’autorise que la présence des parents auprès de l’enfant.

Quand on passe plus de 12h par jours dans le service on voit passer du monde et on créer même des liens!-  

Je me demandais souvent comment ils arrivaient à gérer tout cela de front. Leurs réponses étaient souvent  » nous n’avons pas le choix, parce qu’il y le grand frère/soeur à la maison » ou  » Il (bébé) est mieux ici pendant qu’on prépare tout pour lui/elle à la maison ». Certains ne venaient pas, parce qu’ils ne pouvaient pas, d’autres parce qu’ils ne s’en sentaient pas la force.

Les trajets paraissent interminables, le temps de présence trop court, mais les journées sont longues. Rester impuissant devant ce petit bout de nous est difficile. Je me suis raccrochée au moindres choses qu’on nous indique: le changement de chambre, changement de couveuse, l’augmentation de l’alimentation, la respiration bien-sûr!

La barre du kilo et demi passée est une délivrance pour tous.

Notre enfant prend des forces, de jours en jour il progresse, et ça vous le voyez à ses petites joues qui deviennent rondes, cette force qu’il a quand vous glissez votre petit doigt dans sa main. Et puis les premiers vêtements.

Petit à petit on entrevoit le changement de service, toujours vers la sortie. Le plus simple est je pense de ne pas se cantonner à une date de sortie. Mais un objectif à atteindre. En principe on nous indique la date prévue d’accouchement comme date de sortie. Prenez en compte qu’un enfant né à 25SA peut effectivement rester 2 mois ou plus en réanimation et tout autant en service néonatale. Pourquoi? Parce que plusieurs paramètres et conditions doivent être acquis pour un changement de service. Sans quoi ce serait épuisant pour tous: vous, votre enfant, le personnel aussi. Car oui dans ces services ils s’attachent autant à nos petits bouts que des nounous.

 

On sort par la grande porte

Le jour de la sortie annoncée il faut passer dans plusieurs services pour faire les derniers examens, s’assurer que tout est prêt à la maison. Mais que VOUS aussi! En général plus l’enfant évolue au mieux, plus le personnel vous posera des questions pour savoir si vous êtes prêt. Et puis il y a cette nuit de test. Vous dormirez prêt de votre enfant pour votre plus grand bonheur. Mais aussi pour vous mettre en conditions, souvent un enfant préma ne se réveillera pas systématiquement pour manger. C’est à vous de le faire. Ainsi si pendant l’hospitalisation il a eu des sondes ou des biberons la nuit. Vous pourrez tous deux prendre conscience si vous pourriez allaiter ou rester au biberon pour moins de fatigue.

  On ne rentre pas chez soi avec la même sérénité qu’un accouchement mené à terme.

Ce moment où vous lui enfilé sa combinaison pour le mettre dans son cosy/nacel est fort en émotion. C’est le début du relâchement. Comme un poids qui s’en va. Essayé de ne pas vous mettre une pression de dingue!

Sachez que vous pourrez toujours appeler le service de néonat’ si vous avez des questions, vous êtes inquiets ou pour être rassuré. C’est aussi conseillé de contacter la PMI pour avoir une puéricultrice qui vienne à domicile. Vous vous doutez bien que les premiers jours ( pour ne pas dire semaines) vous ne sortirez pas vous promener au grand air ^^. Vous pouvez demander une liste de pédiatres spécialisés et autres médecins pour vous rassurer. Mais sachez que vous pourrez toujours contacter la maternité pour toutes sortes de questions.

La suite des événements dépendant de beaucoup de choses. Qui seront abordés dans un prochain article.

À bientôt!

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